Talking Entrepreneurship

MYR SOLUTION: entrevue

MYR Solution, fondée en 2011, est une entreprise spécialisée dans le design web, la création de programmes informatiques et d’applications mobiles sur mesure, ainsi que l’e-commerce. Voici l’entrevue avec Maxime Harvey, Raphaël Picard et Yann Beaudoin, trois jeunes entrepreneurs québécois qui travaillent autant à l’international qu’au Québec, dans leurs locaux, au Complexe Jules-Dallaire.

Talking Entrepreneurship (TE) : Comment est-ce que vous vous définissez comme équipe?
Maxime,Yann et Raphaël (MYR) :  Complémentaire. Très soudée. Basée sur les principes. On se connaît depuis longtemps, on a créé cette entreprise fondée sur nos principes communs, soit la liberté et “l’équitabilité”, le principe qu’on est tous égaux. On se partage le travail, on se laisse aussi la place à chacun pour ses projets personnels et aussi ses besoins. Liberté parce qu’on a tous envie de faire des fois des choses différentes. C’est un travail qui peut se faire partout dans le monde, alors s’il y en a un qui est parti travailler sur un projet au Costa Rica ou s’il y en a un autre qui part à Dubaï ou aux États-Unis, c’est correct. Égaux et libres aussi, dans le sens qu’on communique constamment entre nous. Ce qui nous demande  aussi de s’adapter l’un à l’autre, et on a tous des moments qui sont plus difficiles que d’autres. Alors, il s’agir de changer, d’améliorer, de rattraper ou de prendre une pause et se donner le temps nécessaire, surtout entre nous.

TE : Considérant la prolifération de la technologie de l’information, quel est l’approche de votre entreprise pour percer dans le milieu?

MYR : Je pense qu’il est facile de s’improviser et de partir quelque chose, le plus dur à atteindre c’est la qualité. Notre force c’est nos logiciels et nos solutions sur mesure. On se trouve dans le rôle de conseiller, trouver les solutions et les appliquer de façon à ce que ce soit taillé parfaitement au besoin du client. C’est du génie-conseil en d’autres mots. Ce service est notre force et ça demande une expertise réelle dans le milieu, ce qui n’est pas à la portée de tous. L’approche-clientèle en fait partie; oui on est jeune, mais le plus important, c’est de faire sentir au client que même si on est jeune, on est capable. En ce qui concerne la compétition et le nombre, ce qui est important c’est de rester et perdurer. C’est de se pousser soi-même à être meilleur au travers de tout cela, se dépasser sans nécessairement toujours se comparer aux autres, savoir à qui ressembler et savoir aussi à qui ne pas ressembler.

TE : Selon vous, quel est votre plus gros défi en tant qu’entreprise?
MYR : En tant qu’entreprise… la logistique. On a à se déplacer souvent, à faire affaire à des clients très différents de l’un de l’autre. Coordonner tout cela, tout en s’assurant de garder la qualité, tout en continuant de croître ici et ailleurs ce n’est pas évident. Ça demande beaucoup d’adaptation, les coutumes ne sont pas les mêmes dans un autre pays et une autre culture. Les règles changent complètement, le style de travail est différent, les attentes sont différentes, l’attention n’est pas sur les mêmes détails. Comprendre la différence entre les salvadoriens versus celui de brésiliens dans la manière dont ils travaillent par exemple. Alors, c’est de trouver les forces et les faiblesses de chacuns et de trouver un moyen pour les combler.

TE : Vous avez connu une croissance fulgurante, comment expliquer ce succès?
MYR : -Rires- moment de pause… C’est vrai que ça fait étrange du moment où on trouvait nos clients autour du sapin de Noël à être au Jules-Dallaire. Je pense que c’est toujours d’évaluer, s’acharner et de pousser dans le bon sens. Créer quelque chose a vraiment été important pour nous. Oui l’argent, mais surtout de créer quelque chose de toutes pièces. Ce qui nous amène à vraiment travailler notre produit et de se poser les bonnes questions. Pourquoi qu’un client ferait confiance à nous plutôt qu’un autre? Oui la programmation, mais aussi faire du génie-conseil, de l’analyse de pointe et arriver à une solution clé en main. Dans le sens que c’est de l’optimisation en plus de la rentabilité comme équation. Le 50 000$ qu’une entreprise investie dans un programme, ce 50 000$ investi doit lui revenir dans les poches comme retour en investissement, et ce, dans un an et demi, pour ne donner qu’un exemple.

TE : En votre sens c’est quoi être entrepreneur?
MYR : -Grands sourires- Être libre. C’est ma vie. C’est de grandir au travers des expériences que cela apporte, ça devient plus qu’un travail. C’est le désir de faire quelque chose et de le faire jusqu’au bout. Surtout pas se décourager, si tu as passé si proche du but et que tu fais une erreur c’est vraiment d’apprendre. Ça veut dire que tu es proche aussi, il en manque pas beaucoup alors. Trouver où se trouvent tes lacunes et tes erreurs et constamment chercher à les améliorer. Pas dépenser son argent dans un “Las Vegas” qui a l’air beau mais peut tout te faire perdre. Faire aussi sa propre analyse et pas toujours écouter ce que tout le monde dit autour. Comme dans le web, il y a tellement d’informations, il faut savoir trier et très important: démystifier auprès du client. Surtout, quand tu es dans une vision-tunnel, c’est de prendre du temps pour soi, réfléchir, garder un esprit ouvert, voir autant le positif et le négatif et de comprendre que c’est une perception, il y a aussi d’autres choses.

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Ils parlaient beaucoup de leur complémentarité, d’une équipe bien soudée, composée de trois amis qui se connaissent, travaillent ensemble étroitement. Alors j’ai décidé de poser une question à chacun d’eux sans que les autres soient présents. La réponse a été la même sous des angles différents, je résume:

L’essentiel c’est de se concentrer sur ce que tu veux être et qui tu es. Le quoi et le comment ça viendra tout seul, une fois que tu as pris le temps de te poser la bonne question et de trouver la réponse au fond de toi. Pour illustrer, plus éloquent, Arnold Scharzeneger lorsqu’il disait: “Who do you want to be, not what, but who”.


– Photo gracieuseté de Cyndi Buissière

– Entrevue par Raphaël Cadoret